La césarienne programmée

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Aujourd’hui, on aborde un sujet un peu spécial qui peut être sensible pour celles qui sont passées par là… l’accouchement par césarienne programmée! Fantasmé, craint ou rebuté, il engendre des réactions vraiment différentes selon les femmes. Parlons-en!

Pour faire bref, j’ai rencontré certaines particularités pendant ma grossesse : Peu de liquide amniotique, un placenta antérieur, un bébé se présentant par le siège et une cholestase gravidique. Tout cela a forcé le gynéco à opter pour une césarienne programmée.

En l’annonçant à ma famille et mes amis, j’ai eu chaque fois la même réaction qui ressemblait à peu près à ça: « oh merde, sois pas triste, t’inquiètes pas ça va aller, pour le deuxième ce sera autrement » et j’ai alors compris que la césarienne est vraiment perçue comme quelque chose de négatif. Pourquoi ?

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J’imagine qu’un premier élément de réponse peut trouver place dans cette question: Qu’en est-il de la magie de l’instant? Avoir une césarienne programmée c’est faire le deuil du moment d’excitation que provoque la perte des eaux… Un moment un peu magique qui annonce l’événement le plus bouleversant de votre vie, un temps d’amour intense partagé entre les deux parents, un instant transitoire pendant lequel vous n’êtes ni complètement mère ni complètement seule… bref, un moment important!

La césarienne, il est vrai, ôte cette magie qui est remplacée par quelque chose de beaucoup plus médicalisé. On connait la date, le jour et l’heure: l’élément de surprise n’a pas de place dans tout ça! L’entrée à la maternité est calme, administrative et n’est pas franchement différente d’une opération lambda… Bien qu’on soit sur le point de donner la vie, la beauté du moment est ternie par le manque de spontanéité et de surprise.

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Si je n’ai pas eu ce problème (ma césarienne initialement prévue le 29/09 a été décalée subitement au 21/09: « vous faites quoi demain? rien, bon vous rentrez aujourd’hui à la maternité et on fait l’intervention demain, c’est mieux. Euh… !!! ok! » J’ai donc eu ce moment de hâte, de panique, de bonheur qui n’arrive normalement pas.), il me restait quand même plusieurs interrogations.

Ai-je choisi la facilité ?

Dès l’adolescence, les femmes de notre entourage racontent leur accouchement quand le sujet vient sur la table: contractions, douleur, épisio, poussée, attente, heures de travail etc… Ces discussions unissent les femmes qui partagent alors un moment important de leur vie. Je pense que toutes les filles qui ont questionné leur maman ont déjà entendu « ça fait terriblement mal mais quand tu tiens le bébé pour la première fois, tu oublies tout! Tu verras quand ce sera ton tour! ». Mais justement: avec la césarienne notre tour ne vient jamais!

Nous sommes tellement conditionnées à avoir un accouchement douloureux que la césarienne, en ôtant la souffrance des contractions, ôte en même temps le sentiment d’être  maman. « Je ne connais pas les contractions comme les autres femmes, je ne fais pas partie du groupe ». Un accouchement dans la douleur serait alors comme un passage obligé, un rituel pour devenir mère.

Ai-je vraiment accouché ?  Suis-je une vraie maman ? 

Se pose aussi ET SURTOUT la question du rôle de la maman. Alors qu’elle a porté et chéri son bébé pendant 9 mois, elle est tout à coup placée au rang de « spectatrice » dans le moment le plus mémorable qu’est la sortie du bébé. « Je n’ai pas mis mon bébé au monde, c’est le chirurgien qui l’a fait ». Tout ce temps de grossesse pendant lequel la maman assure entièrement l’enfant est à tort oublié et balayé! Finalement, les mamans césarienne s’interrogent sur le fait même d’avoir accouché et, par extension, certaines femmes peuvent avoir beaucoup de mal à se sentir mère! Le sentiment premier est plutôt la culpabilité: « J’ai triché. Je n’ai pas été assez courageuse ». C’est pourtant le gynéco qui a prit la décision pour le bien du bébé..


Evidemment je parle ici des femmes qui ont mal vécu leur césarienne. J’ai appris qu’il existait même des groupes de soutient tant le traumatisme peut être important..

Aussi, à toutes ces femmes, ces futures mamans qui me lisent et qui se posent des questions.. Je voudrais crier que OUI vous êtes maman! Quelques minutes après la césarienne, vous n’êtes plus différente de celles qui ont eu un accouchement traditionnel. L’important est de faire ce qu’il y a de mieux pour le bébé et pour vous! Ne culpabilisez pas d’avoir subi une césarienne, si on vous l’a suggéré c’est qu’il y avait des raisons… Chaque femme vit un accouchement différent et vous ne faites pas exception: vous avez votre propre histoire à partager. Vous avez porté votre enfant comme les autres, vous pensez à votre bout de chou, vous l’aimez, vous le pouponnez… C’est cela être une maman!

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Le temps du questionnement et du « deuil » est important mais il faut savoir lâcher prise et ne pas trop intellectualiser. Oui, vous avez eu une césarienne. Soit! Focalisez vous sur l’important. Dites merde aux mamans parfaites qui vous diront « oh toi c’est pas pareil, tu sais pas vraiment... ». Dites vous que vous avez surtout fait au mieux pour votre bébé. Et NON, finir avec un vagin en spaghettis n’est pas une condition sine qua non pour être une bonne maman.

Sur ces mots, je vous dit à salut et à la prochaine!

 

 

 

 

 


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